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Des bénévoles apportent leur aide au château de Septème

Derrière le Patrimoine, il y a des femmes et des hommes. Des bénévoles qui se consacrent corps et âmes à la préservation d’un bien culturel essentiel à la mémoire de notre société. Et parce que le Patrimoine n’est pas seulement l’affaire de quelques-uns ou de l’Etat, ils se mobilisent, sur leur temps libre, pour faire vivre l’Histoire avec un grand H et soutenir le projet de Blandine et Benoît Deron.

Portraits croisés de quatre bénévoles de l'association les Amis du château et des remparts de Septème.


Les enfants du Pays

Gérald Prudhomme

Qui sont ces personnes qui s'engagent à défendre un patrimoine qui ne leur appartient pas ? Il y a d’abord ceux qui sont tombés dedans.

« Je suis comme Obélix, je suis tombé dans la marmite quand j’étais petit » raconte Gérald Prudhomme. Ce Sapeur-pompier de 45 ans, père de deux enfants ne s’est jamais vraiment posé la question de sa participation. Le château a toujours fait parti de sa vie, depuis sa plus tendre enfance : « On pouvait taper à la porte du château et on nous ouvrait les portes des remparts pour pique-niquer dans les jardins. A l’école, certaines récréations se passaient même dans la cour du château ». Alors quand le tocsin a sonné, il a tout simplement répondu à l’appel. C'était la seule chose à faire.

« Je suis comme Obélix, je suis tombé dans la marmite quand j’étais petit »

Pour lui comme, pour les habitants de Septème, le château est un bien commun. C'est un phare que l’on voit et que l'on entend aussi parfois lorsque résonne dans la nuit, le cri des paons.

Et ce n’est pas Madeleine Perrin, la Présidente de l’association qui le détrompera. Pour l’ancienne pharmacienne du village, aujourd’hui à la retraite, il est certain qu’une reprise du château par un groupe hôtelier aurait été mal vécu par les habitants, très attachés à la famille Kergorlay.

Le château fait partie de leur vie, de leurs habitudes : « Quand on avait des invités, on allait visiter le château avec eux », confie-t-elle. Un rituel qui demeure aujourd’hui.


Mais bien que liés par ces souvenirs d’enfance, aucun d'eux n’en oublie qu'il s'agit aussi d'une mission d’intérêt local en faisant vivre le village et une partie de son économie.


La passion du patrimoine

D’autres ont choisi d'intégrer la famille de Septème après une visite. Une rencontre avec un château qu'ils ne connaissaient que de nom. Ils n’ont pourtant pas hésité une seconde, à l'image de Brigitte Schioser, agrégée d’Histoire et de Géographie, professeure au Lycée d’Ambérieu-en-Bugey. Cette passionnée d’histoire médiévale, avait toujours rêvé de découvrir le château. Mais à l’époque, les visites étaient rares. Alors, lorsqu’il y a deux ans, elle découvre dans la presse l’ouverture au public, elle y fonce avec ses deux petites filles. Deux mois plus tard, une publication sur les réseaux sociaux attire son attention pour devenir membre de l’association. Il n’en fallait pas plus pour la convaincre.

« Je souhaitais le visiter depuis longtemps. C’était un site connu des historiens, mais à l’époque, il ne se visitait pas ou peu. »

Une passion pour l’Histoire et le patrimoine que partage le touche-à-tout Christophe Alegre. A 48 ans, ce gérant d’une librairie papeterie de Lyon n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai, engagé autrefois auprès du château de Veauce. Après une seconde visite en dix ans, un heureux hasard le conduit à contacter Benoît Deron. Après quelques échanges, il se décide à rejoindre l’association. Son but ? Faire revivre le château comme dans son imagination : « J’ai l’impression qu’émerge devant moi les maisons du village, que les gens se matérialisent ».

Madeleine Perrin en pleine visite

Pourtant, si leurs motivations sont diverses, tous s’accordent sur une chose : c’est la sympathie, la chaleur et la bienveillance de Blandine et Benoît qui les ont convaincus de s’engager.


Peu importe la tâche

De la motivation, il en faut pour entretenir un château de dix siècles qui demande beaucoup d’attention et d'efforts. Brigitte participe au jardinage, au nettoyage des salles et aux travaux de bricolage. Elle en a conscience, chaque geste compte, même lorsqu’il s’agit de passer sa journée à arracher des mauvaises herbes.

Des travaux qui ne font pas peur à Christophe, au contraire : « En fait, quand je viens aider et que je travaille là-bas, je me vide la tête pendant quatre heures. Il y a des gens qui font du sport pour décompresser de leur journée. Moi c’est quatre heures de travaux dans un château ».

« Il y a des gens qui font du sport pour décompresser de leur journée. Moi c’est quatre heures de travaux dans un château ».

Christophe ne s’arrête pas là, en plus des travaux, il aide à l’organisation de la première Journée Patrimoine Scout pour familiariser la jeunesse avec notre patrimoine.

Brigitte Schioser

Si personne ne rechigne à la tâche, tous prennent énormément de plaisir dans l’accueil du public. Surtout lorsqu’ils enfilent leurs costumes d’époques pour les animations organisées chaque année par l'association. Madeleine se souvient de cet Halloween 2019 où pour l’occasion elle s’est glissée dans la peau de Catherine de Médicis attendant les visiteurs dans la pénombre, à la lueur d’une simple bougie : « je les entendais rire dans les couloirs . Mais une fois qu’ils pénétraient dans la salle, j’avais droit à un grand silence. Ils étaient vraiment impressionnés ».

Il y a aussi les Fêtes Renaissance qui occupent une place à part. Tous se prêtent volontiers au jeu de la reconstitution historique pour le plus grand plaisir du public.


Des moments de vies

Au château, une fois les portes closes, la convivialité règne. Il n’est pas rare de partager une table, un gâteau, voire une bonne bouteille, comme lors de cette Nuit des étoiles 2019, organisée spécialement pour les membres de l’association. Un moment qui a permis à Christophe de découvrir des propriétaires « sympathiques et accessibles ».

Des propriétaires qui leur donnent toute confiance pour évoluer dans l’intimité familiale. Car le château de Septème n’est pas un château comme les autres et Brigitte le sait. Elle qui se remémore avec émotion une visite privée de la bibliothèque familiale : « J’avais entendu parler de certains documents que je n’avais jamais vus. J’ai pourtant fréquenté de nombreux lieux historiques et ce que j’ai vu là, c’est exceptionnel ».

Christophe Alegre

C’est aussi une histoire de transmission pour ces membres engagés. Comme Gérald qui se souvient de ces photos d’écoles prises dans le parc du château. Des souvenirs d’enfance qu’il souhaite partager avec son fils. Tout comme Christophe qui à dix ans d'écart a pris la même photo avec son fils, pour marquer le temps qui passe.

Ils en conviennent, il y a une atmosphère particulière au château. Un je ne sais quoi qui fait le lien entre les générations. C’est peut-être cette place qu’on laisse aux enfants, témoigne Madeleine. Car comme le dit si bien Christophe : « Ce n’est pas qu’un château. On ne fait pas que la visite, on peut y déjeuner le midi, profiter du lieu, du changement d’air. Il y a toute une vie autour. Par exemple, mes enfants ont passé une demi-heure à chercher les plumes de paon ».


C’est pour préserver cet héritage et un beau projet familial qu'ils se battent tous et que l'association a été créée. Pour les aider dans leur combat, Christophe espère simplement qu'un « mécène puisse aider. Quelqu’un qui respecte l’âme du château. Un véritable partenariat. Cela pourrait vraiment aider le projet de Blandine et Benoît ».


Une chose est certaine, c’est en partie grâce à eux que Blandine et Benoît peuvent mettre en œuvre leur projet pour le château de Septème.

Association Les amis du château de Septème

L’association des Amis du Château et des Remparts de Septème est une association loi 1901 qui accompagne les propriétaires dans l’animation et participe à la renommée du site.

Elle a été créée le 18 juin 2018 pour soutenir le projet de Blandine et Benoit Deron. Elle s’occupe de nombreuses animations et ateliers tout au long de la saison.


Pour en savoir plus, rendez-vous sur leur site internet ou leur page Facebook.