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A la rencontre de ceux qui font vivre le Château de Bosmelet

Dernière mise à jour : févr. 3

Il est ténor, elle est une ancienne professeure d’anglais. Elle habite à quelques kilomètres, lui dans un autre pays, mais tous les deux sont animés par la même passion pour le château de Bosmelet et son propriétaire. Parce que sans eux, rien ne serait possible, arrêtons-nous quelques instants pour découvrir le visage de ces bénévoles qui permettent au public de découvrir un lieu de culture à part en Seine-Maritime.

Il y a d’abord le fidèle, Andreas Jaeggi, une amitié de 40 ans avec Alain Germain, née sur les bancs de l'École des Beaux-Arts. Un coup de foudre amical qui se transformera en collaboration artistique au sein de la compagnie Alain Germain. « Je travaillais sur les dessins, les costumes et les éléments de décors. Mais comme nous étions une compagnie à fond réduit, j’ai commencé à monter sur scène pour dépanner sur des petits rôles. ». Finalement, à force de travail et sur les conseils d’une amie, Andreas va devenir l'une des voix majeures de la Compagnie.

Alors, lorsqu’Alain Germain lui parle de son projet de créer un centre culturel dédié aux Arts Vivants au château de Bosmelet, il ne s'est jamais posé la question de faire partie ou non de l'aventure.

"Ce n’est pas seulement le château, c'est la vérité de quelqu’un, l’humain et la personnalité d’Alain qui m’ont charmé".

Et il y a la « nouvelle amie » : Evelyne Christol. Leur rencontre, c'est un heureux hasard aux détours d'un dimanche après-midi de septembre 2018.

« Lors de la visite, Mr Germain a commencé à parler de Michel Hollard, résistant français, faisant le constat qu’il n’était pas connu des français. Mais moi je le connaissais. Je l’avais étudié avec des élèves ».

Alain Germain ne pouvait laisser passer une telle occasion et s’empressa de lui demander de rester en contact. « 15 jours après, j’ai reçu un coup de fil, pour l’aider lors des journées du Patrimoine ». Si elle a accepté, c’est d'abord pour l'homme, Alain Germain.

« Il m’a dit, j’ai décoré le château avec du vrai/faux, du mobilier de théâtre. Cela m’a enchanté. Pour moi, c’était la réalité de quelqu’un. Ce n’est pas seulement le château, mais la vérité de quelqu’un, l’humain et la personnalité d’Alain qui m’ont charmé ».

"Il y a cette allée de tilleuls. La première fois que je l’ai vu, c’était la saison des abeilles et des milliers d’abeilles butinaient les tilleuls".
concert Bosmelet
Andreas Jaeggi en concert dans la Chapelle

Pour Andreas, la rencontre avec le Bosmelet, c’est une rencontre avec la nature. Il y a cette première nuit étoilée. Des étoiles partout dans le ciel, « Un miracle incroyable » pour celui qui n’en voyait pas une dans le ciel de Bâle.

Il y a enfin la découverte de cette allée de Tilleuls :

« La première fois que je l’ai vu, c’était la saison des abeilles et des milliers d’abeilles butinaient les tilleuls. On n’entendait rien d’autre que leur travail. C’était indescriptible. Devant ce genre de chose, on ne sait pas quoi dire ».

Des raisons différentes mais qui les poussent à donner de leur temps pour gratter des dizaines de fenêtres ou à donner tous les coups de mains possibles.

"J’aime cette confiance qu’il nous donne et qu’il donne aux gens".

Car comme de véritables abeilles, chacun aide comme il peut le Bosmelet. Pour Evelyne, ce sont quelques travaux qu’elle effectue en compagnie d’Alain Germain et de Vincent Vivès, même en hiver. Pour se réchauffer, il y a le thé de 17h qui permet de se raconter leur vie et de se replonger dans la carrière d’Alain Germain.

Evelyne Christol encadre les jeunes du Bosmelet

Elle accompagne aussi parfois les visiteurs, anglophones ou non et passe du temps avec des groupes de jeunes qui viennent aider chaque été le château de Bosmelet : « C’est un moment que j’apprécie, de pouvoir discuter et partager avec ces jeunes. J’aime aussi la façon dont Alain Germain les accompagne. J’aime cette confiance qu’il nous donne et qu’il donne aux gens ». Une confiance comme lors de son exposition Fragments en 2019, lorsqu’il lui demande de l’aider à sa création en découpant des œuvres "originales" de l’artiste.

« J’ai été profondément flattée de pouvoir l’aider à la construction d’une œuvre et qu’il m’associe à cette exposition. Pourtant, j’avais la peur au ventre lors des premiers découpages ».

"Cela, c’est Alain Germain et le Bosmelet qui l’ont rendu possible".

Pour Andreas, le Bosmelet s’est aussi une question de confiance et d’opportunité. Celle de pouvoir s’exprimer tout en aidant le projet. Sur cette scène normande, il s’est ainsi offert des moments de grâce qu’il n’aurait eu nulle part ailleurs.

« J’ai notamment pu chanter le motet « Exsultate, Jubilate » de Mozart écrit pour un Castrat qui depuis a toujours été chanté par des femmes. C’était un rêve de chanter cette pièce pour « voix haute ». Et cela, c’est Alain Germain et le Bosmelet qui l’ont rendu possible ».

A côté de ses activités lyriques, sa formation graphique lui permet de produire des œuvres pour le château ou l’habillage du grand blockhaus qui doit accueillir le futur espace V1 en 2021. Un espace dédié à l’histoire des V1 installés au Bosmelet pendant la Deuxième Guerre Mondiale.


Le point commun entre ces bénévoles, c’est qu’ils trouvent au Bosmelet un lieu d'épanouissement qui laisse place à la création. Un lieu qui leur procure des moments de vie intenses que ce soit lors d’un concert donné à la Chapelle ou simplement autour d’un thé au milieu des pots de peinture et des bâches. Le Bosmelet, c’est pour eux une opportunité, des rencontres et des amitiés. Un lieu qu’ils aiment profondément et on les comprend.

Andreas Jaeggi

Andréas Jaeggi est un ténor, peintre, sculpteur et photographe suisse, bref un artiste éclectique. Il collabore depuis plus de 40 ans avec Alain Germain. Celui qui s’est produit sur les plus grandes scènes du monde – notamment à l’Opéra national de Paris –, n’a jamais lâché son ami. Et ce n’est pas parce que l’on vit à Bâle à plus de 9h de train de la Normandie qu’on manque une occasion de venir en aide au Bosmelet.

Evelyne Christol

Evelyne Christol est une vraie normande. Professeur d’anglais au Lycée Camille Saint-Saëns de Rouen, elle est aujourd’hui retraitée. Mais ne lui parlez pas de retraite inactive ! Celle qui avec une soif insatiable de connaissance a toujours tenté de faire le pont entre l’anglais et l’histoire, est devenue l’un des piliers du Bosmelet. Spécialiste de la « gratte » de fenêtres et de la peinture, elle est devenue une amie du Bosmelet et de ses propriétaires.

Pour découvrir en vidéo le château de Bosmelet, direction la chaîne YouTube du château.

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